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Les déviantes, roman de Capucine Delattre

Les Déviantes premier roman de Capucine Delattre, une ode à la sororité

Les déviantes, roman de Capucine Delattre

Cette année, en plus de sa rentrée universitaire en master à Science-po, Capucine Delattre fera la rentrée littéraire. À tout juste 20 ans, son premier roman Les Déviantes (éditions Belfond), sera ce 20 août 2020, bien rangé, non pas sur les bancs d’écoles, mais sur les étagères des librairies.

Petite, blonde, menue, rouge à lèvre parfaitement appliqué sur une jolie bouche en cœur, Capucine, vêtue d’une jupe mi- longue rose plissée, sirote son latte en cette belle journée d’été à Paris.

Petite fille parfaite

Dévoreuse de livre depuis son plus jeune âge, Capucine aime le cinéma, la photographie, la couleur jaune et les jeux de mots. Issue d’une famille catholique très conservatrice, elle va au collège et débute le lycée dans une école non mixte religieuse, puis passe son bac à Louis Le Grand. Depuis plusieurs années elle tient un blog madmoisellebouqine où elle parle de ses lectures et parfois des films qui lui plaisent.

Mais derrière cette image de petite fille parfaite qu’elle aime entretenir, Capucine cache une personnalité déviante.

Je suis une déviante, explique-t-elle, je suis lesbienne, féministe, de gauche.

Sourire en coin, Capucine guette le regard intrigué de ses interlocutrices lorsqu’elle glisse au détour d’une conversation un pronom féminin pour parler de son ex ou un quelconque indice sur ses orientations sexuelle et politique.

Sa famille ne sait pas que Capucine est lesbienne, ils ne peuvent le concevoir ou «préfèrent l’ignorer » dit-elle.

Ses valeurs, elle les transmet lorsqu’elle écrit: « J’aime écrire sur les femmes. Dans ce premier roman, j’aborde l’empowerment, la sororité, la maladie mais aussi l’espoir.»

Le monde d’Anastasia s’est effondré.

À 29 ans, elle avait l’argent, la stabilité, le prestige. Hier encore, elle exerçait de hautes fonctions dans une grande entreprise. Une conquérante, Anastasia. Toujours en avance sur son monde. Même pour son cancer du sein.

Pour la première fois de sa vie, la voilà limitée. Pourtant, la maladie n’est pas le sujet de son histoire. Plutôt un point de départ, un détonateur. Un accélérateur. Un catalyseur.

Anastasia devient une déviante, celle par qui tout commence, capable d’entraîner dans son sillage deux autres déviantes en germe, Iris et Lolita. Ensemble, elles vont prendre goût au saccage de leur courte existence et s’autoriser à déployer leurs rêves. À elles trois, elles incarnent une jeunesse qui refuse de se laisser abîmer, une vocation en marche, et surtout, la possibilité de nouvelles trajectoires.

Résumé, Les Déviantes, Capucine Delattre

Déterminée et sûre d’elle

En mai 2019, Capucine envoie un premier manuscrit inachevé à la maison d’édition Belfond:  « J’étais déjà en contact avec eux, ils m’avaient dit que d’ici cinq ans on pourrait surement travailler ensemble. Quatre mois après, je leur ai envoyé les 50 premières pages des Déviantes. Deux semaines plus tard j’avais une réponse : on publie ». 

Loin d’être effrayée Capucine s’attelle à la rédaction de son premier roman. « Premier roman publié, précise-t-elle, j’en ai écrit cinq en réalité, ils dorment dans mes tiroirs.» Cette même année Capucine quitte Paris pour Montréal, où elle fait un échange à l’université Mcgill. « Ce n’était pas évident de tout gérer à distance mais on s’en est sorti » confie-telle.

Un livre féministe dédié à ceux qui ne le sont pas

“ – T’as un copain, Lolita ? fait Iris, l’air de rien.

-Euh… 

-Ou une copine, hein, s’empresse-t-elle d’ajouter” 

Extrait, Les Déviantes, Capucine Delattre

Bien que profondément féministe, Les Déviantes est accessible à toutes et surtout à tous. “Je veux que des personnes, comme mon père ou mes grands parents fervents participants de la Manif pour tous, puissent lire mon livre” explique la jeune autrice. 

En plantant subtilement des réflexions sur des sujets tabous ou immoraux pour certains, Capucine infiltre des cercles qui ne liraient jamais de littérature féministe si elle était étiquetée comme telle. “Même si le message n’est pas saisi ce n’est pas grave” précise-t-elle. En effet, ce roman peut-être apprécié et compris de différentes façons, peu importe son niveau de déconstruction.

Bien entendu, les féministes radicales se retrouveront dans cet ouvrage qui aborde avec subtilité et inclusivité des sujets comme l’hétéronormativité, le poids des injonctions à la beauté malgré la maladie, la pression à procréer et bien sûr la sororité. 

Avis

J’ai adoré le roman de Capucine, son style poétique, sa façon de manier les mots avec justesse et parfois même malice.

C’est un livre qui aborde des sujets difficiles comme la maladie. Capucine est crue dans ses mots et décrit avec une grande précision la dureté du cancer. Avec subtilité, elle glisse des messages bienveillants et inclusifs en semant des questionnements.

Les personnages, en particulier Anastasia, sont extrêmement attachants malgré leurs défauts. On s’y identifie facilement, parfois à contre-cœur.

Je suis restée sur ma fin voulant en savoir plus sur Iris et Lolita. L’histoire se concentre sur Anastasia mais les deux autres jeunes filles sont si bien présentées qu’on veut creuser pour en savoir plus sur elles. J’ai hâte de lire les prochains romans de Capucine, de voir son style s’affirmer et d’être transportée par ses mots enveloppants et vibrants d’émotions.

Commander Les Déviantes, ou retrouvez le en librairie dès le 20 août. 

Étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal, franco-argentine ayant grandi en Turquie je suis passionnée de géopolitique internationale. Sinon je suis phobique des agrumes, en particulier des citrons.