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Michaela Coel

« I may destroy you », l’histoire d’un traumatisme

Cette année 2020, en dépit du contexte de crise sanitaire, permet l’éclosion et/ou la confirmation de séries télé clairement féministes et inclusives, parfois difficiles à regarder et inégales selon les épisodes, mais qui promettent beaucoup…

Voici celles qui me paraissent justes dans le ton, le regard, les points de vue et les problématiques abordées. 

Elles peuvent être dérangeantes et parfois complètement “perchées” mais tellement pleines d’amour, de bienveillance et d’adelphité que je vous en partage mes ressentis ! 

I may destroy you, affiche

Focus sur “I may destroy you” de  Michaela Coel disponible sur OCS.

TW : viol, agressions sexuelles

Voici le pitch: 

Après le triomphe d’un papier sur Internet, Arabella Essiuedu (à l’écran Michaela Coel, scénariste et autrice) – facilement distraite, insouciante et qui ne s’engage pas – se retrouve honorée comme la « voix de sa génération », avec un agent, une commande de livre et une sacrée pression. Après avoir été agressée sexuellement dans une boîte de nuit, sa vie change de manière irréversible et Arabella est obligée de tout remettre en question : sa carrière, ses amis et même sa famille. Alors qu’Arabella (dite “Bella”) peine à comprendre ce qu’il s’est passé, elle commence une introspection. (source : allocine)

12 épisodes qui ont rythmé mon été, à en pleurer (notamment l’épisode 4) et surtout à me questionner sur la perception de ces violences par l’institution, la société en général et l’impact sur toutes les sphères, privées et publiques de la victime…

On y suit Bella , son traumatisme suite à un viol lors d’une soirée arrosée et sous l’emprise de drogues, notamment à cause de la “drogue du viol”. 

Il y est surtout question de réseaux sociaux, de déni, d’oubli, de honte, de doutes, d’acceptation, de culpabilité, de sororité, de vengeance, de pardon, d’amitiés et d’amour. 

Le “female gaze” y est omniprésent via les bribes de souvenirs et les hallucinations du personnage principal et la notion de “catharsis” via l’écriture apparaît comme une résilience… 

Les personnages secondaires, comme Terry (la meilleure amie d’Arabella incarnée par Opia Weruche , et Kwame par Paapa Essiedu) sont indispensables d’après moi…

Une sacrée réussite pour une saison 1, surtout grâce aux acteurs tellement expressifs malgré (surtout dans ?!) leurs silences. Série à suivre, pour les sujets abordés avec force et pudeur ainsi qu’une ambiance londonienne 2.0.

Dans un registre beaucoup plus léger, mais dans la veine “série de trentenaire”, je vous conseille  “Insecure” (4 saisons complètes) mis en scène par Issa Rae, pertinente selon moi dans les cas de conscience des protagonistes. 

Licenciée de psychologie et professeur des écoles depuis 12 ans, je suis aussi maman. Féministe depuis toujours, je milite pour le collectif NousToutes depuis février 2020. “Enfant de la télé” assumée, je suis sériephile et amatrice invétérée de podcasts. J’ai un goût prononcé pour toutes les sortes de bières, ayant un penchant clair pour les “stout” dites de “bonhomme” et les moutons (sans aucun rapport!).