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Jacquie et Michel, trafficking hub

Proxénétisme, viols : le parquet de Paris ouvre une enquête visant le site pornographique Jacquie et Michel

Référence du porno français, le site de vidéos Jacquie et Michel lance sa chaîne TV en partenariat avec Canal+ en juin 2020. Ce jeudi 10 septembre, le parquet de Paris confirme l’ouverture d’une enquête pour viols et proxénétisme contre le célèbre site.

TW : mentions de viols, agressions sexuelles et pédophilie

Pratiques et diffusion non consenties

En février 2020, la chaîne Konbini publie le témoignage d’actrices ayant subi des viols et agressions sexuelles lors de tournages de vidéos destinées au site Jacquie et Michel. 

Peu de temps après, trois associations féministes (Osez le féminisme, les Effrontées et le Mouvement du nid) alertent le parquet de Paris sur les conditions dans lesquelles les vidéos amatrices postées sur le site Jacquie et Michel sont tournées.

Le 10 juillet, un peu plus de deux semaines après le lancement de la chaîne J&M TV sur Canal, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour proxénétisme et viols.

En septembre, une nouvelle actrice parle et confie son expérience traumatisante à 20 minutes :

On est descendus dans une cave. Il y avait trois mecs. J’ai dit que je ne voulais pas autant d’acteurs. Mais ils ont répondu que les caméras étaient déjà installées…

Viols, proxénétisme, pédophilie, revenge porn… Ce que cachent les plateformes porno

Si l’enquête est ouverte, elle ne s’annonce pas si simple. Dans une culture du viol bien ancrée, les travailleuses du sexe victimes de violences ont encore plus de mal à se faire entendre.

De plus, les plateformes de ce type peuvent facilement se cacher derrière leur politique de diffusion : les vidéos ne sont ni tournées, ni produites par Jacquie et Michel mais par des sociétés partenaires qui les diffusent sur leur plateforme. 

C’est ce qu’explique le journaliste Robin d’Angelo, dans son livre Judy, Lola, Sofia et moi, une enquête sur l’industrie du porno :

La société titulaire de la marque Jacquie et Michel s’est organisée pour être le moins possible responsable de la production vidéo, elle se limite à diffuser du contenu qu’elle achète à des producteurs.

Le directeur marketing de Jacquie et Michel assure d’ailleurs « Nous ne tournons pas de films. Nous ne faisons que diffuser les films tournés par d’autres sociétés de productions. Et quand on nous remonte un problème, nous cessons toute collaboration avec cette société ». Dans les faits : seuls deux partenariats ont été rompus, en 2012 et 2013. 

Une position largement adoptée par Pornhub, qui, depuis plusieurs mois, essuie une vague de témoignages de victimes de viol et de pédophilie qui ont retrouvé des vidéos de leurs agressions sur la plateforme. Une pétition a d’ailleurs été lancée contre le géant du porno, réclamant sa fermeture et le dédommagement des victimes. Elle rassemble aujourd’hui plus de 2 millions de signataires.

Combien de temps les plateformes de streaming porno continueront-elles de faire l’autruche ? La justice le dira.

Féministe depuis toujours je m'engage depuis plusieurs années dans des associations comme Meufs, Meufs, Meufs ou le Planning Familial. Quand je ne milite pas, j'aime boire des bières en terrasse, lire et rire très fort à mes propres blagues.