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Libido : une histoire d'hormones ?

La libido : une histoire d’hormones ?

Les références sexuelles sont ici binaires (hommes/femmes) pour des raisons d’écriture. Ces termes sont utilisés dans un cadre d’inclusivité et de distinction des notions de sexes et de genres. 

Définition(s) de la libido

Reprise par Sigmund Freud pour échafauder la psychanalyse, la libido est avant tout une recherche instinctive de plaisir et plus particulièrement du plaisir sexuel. Aujourd’hui, elle est réduite à un appétit sexuel et a un peu perdu de son sens.. 

Mais au fait,  l’appétit, ça se cale : tu as faim, tu manges, puis tu es repue… Pourrait-on donc être rassasiée de sexe ? 

La libido fonctionne t-elle comme l’estomac ? 

Le rôle de la testostérone

La testostérone c’est THE hormone mâle, considérée comme l’hormone clé du désir sexuel… donc de la libido ! 

Elle est liée au développement de plusieurs caractéristiques chez les hommes comme la pilosité, la mue de la voix, la masse musculaire… Des attributs typiquement genrés MASCULINS. 

Mais ces messieurs n’ont pas le monopole de la testostérone puisque les femmes aussi possèdent des glandes surrénales (au-dessus des reins) qui synthétisent une grande partie de la testostérone, une partie plus infime étant sécrétée par les ovaires. 

Mais alors serions-nous damnées ?! 

Libido : une histoire d'hormones ?
Malvestida Magazine – Unsplash

L’ocytocine : “l’hormone du bonheur, de l’amour, de l’attachement, de la spiritualité”

OUF, il nous reste l’ocytocine, sécrétée par l’hypophyse (glande située dans le cerveau, que chaque individu possède..!). 

Il est dit que cette hormone serait celle du bonheur et qu’elle intervient spécifiquement lors de l’accouchement, de l’allaitement, dans le lien parent-enfant, les relations sociales, l’attachement, la confiance….mais attendez ! 

Ces attributs ne seraient-ils pas typiquement genrés FEMININS ??!!

Et le cycle menstruel ?

Le “pendant” de la testostérone chez les femmes sont les œstrogènes. Produites par les ovaires, ces hormones permettent de développer des caractéristiques sexuelles “féminines” comme l’ovulation, l’arrivée des règles, la croissance de la poitrine, l’allaitement…

La progestérone est elle aussi sécrétée par les ovaires à des niveaux différents selon le moment du cycle menstruel. Elle impacte la préparation de l’utérus à une grossesse.

Notons ici que lorsque que la ménopause se pointe c’est la fin du game pour les oestrogènes et la progestérone! Les ovaires n’en sécrètent plus! 

Enfin, la pilule contraceptive fonctionne sur ces deux hormones, substituant un cycle artificiel au cycle naturel.  

En bref, nous n’avons pas un taux linéaire et stable d’oestrogènes ni de progestérone. 

Ainsi, entre le duo d’hormones oestrogènes/progestérone, le cycle menstruel , la prise d’un contraceptif oral hormonal (généralement pris par mesdames) il est fort probable voire carrément logique de ressentir des fluctuations ou “baisses” de libido lorsqu’on fait partie de la team dotée d’ovaires…

Des injonctions contradictoires

“Comment booster/augmenter/améliorer/entretenir votre libido?” 

Les magazines féminins et masculins n’ont de cesse de fournir des conseils, de rassurer sur ce qui s’est finalement transformé en une course à la performance, alors que le concept même de libido est individuel, personnel et fluctuant selon les périodes de vie et notre environnement global comme l’alimentation, les maladies, le stress, l’exercice physique, ….

Cerise sur le gâteau : dans les faits et les perceptions communes, un homme qui a une “forte” libido (= qui l’exprime) est beaucoup mieux perçu qu’une femme qui, elle, va devoir l’”assumer”… “Un homme qui aime les femmes on appelle ça un Don Juan, une femme qui aime les hommes on appelle ça comment?!” dixit le groupe Tryo en 1998… 

Finalement, autant vivre notre libido sans culpabilité aucune : il n’existe pas de jauge indicatrice de normalité. D’autant plus que le plaisir féminin a un atout, et pas des moindres : le clitoris, seul organe spécifiquement dédié au plaisir ! 

Licenciée de psychologie et professeur des écoles depuis 12 ans, je suis aussi maman. Féministe depuis toujours, je milite pour le collectif NousToutes depuis février 2020. “Enfant de la télé” assumée, je suis sériephile et amatrice invétérée de podcasts. J’ai un goût prononcé pour toutes les sortes de bières, ayant un penchant clair pour les “stout” dites de “bonhomme” et les moutons (sans aucun rapport!).