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Candidates vertes écoféminisme

Municipales : vers une résurgence de l’éco-féminisme ?

L’éco-féminisme est un pan du féminisme qui fait débat. Qu’on accuse ses défenseuses de sorcières ou d’extrémiste-archaïques, les élections municipales 2020 semblent vouloir remettre au centre du débat deux figures majeures de ce mouvement : les femmes et l’environnement. Volontairement ou non.

La vague qui perce (presque) le plafond de vert/re

Candidates vertes écoféminisme

Si, depuis sa création, l’écoféminisme et ses luttes se concentrent autour de la libération des femmes du carcan domestique et “l’aliénation des tâches de reproduction”, aujourd’hui le plafond de verre qui trônait au-dessus des femmes et leurs ambitions politiques semble percer de toutes parts par une vague verte significatrice. Lors de cette édition 2020 des municipales, EELV a présenté en tête de liste 39% de femmes, ce qui en fait le parti ayant présenté le plus de femmes à sa tête pour ces municipales. Ce mouvement, bien qu’auparavant rongé par de nombreuses polémiques de harcèlement sexuel, semble faire amende honorable de son passé pour se tourner vers une représentation de la femme autre qu’en tribunal. 

Que ce soit Michèle Rubirola (ex. EELV) à Marseille, Jeanne Barseghian à Strasbourg, Anne Vignot à Besançon ou Anne Hidalgo à Paris, les femmes, surfant sur le tsunami vert se sont retrouvées à la tête des mairies les plus importantes de France. Toutes n’ont pas arboré le blason de l’écologie officiellement, mais en ont bien capté les principaux enjeux. Promesses ou non, l’environnement revient indéniablement au centre des débats. 

Pourtant, si cette onde écologique a bien résonné aux oreilles de tous, elle n’en reste pas moins à majorité masculine. Les écologistes, qu’ils aient gagné seuls ou en coalition, raflent les grandes communes françaises : Bordeaux, Lyons, Poitiers, Annecy, avec à leur tête, des hommes. 

Ecologie et féminisme : deux luttes qui s’entre-croisent

L’éco-féminisme conjugue en lui l’expression de diverses dominations : l’homme sur la femme et l’humain sur la nature. Entre naturel et social, séparation de la production et de la reproduction, ce mouvement qui naît aux Etats-Unis dans les années 70, semble revivre en sous-main dans une France qui se réveille. Au-delà d’un mouvement philosophique, il s’agit de repenser à travers lui l’impact de la femme dans la lutte pour le climat. 

Le soulèvement médiatique sur les féminicides, la multiplication des collectifs de colleuses, la diversification des initiatives féministes, l’année 2020 est celle des femmes. Mais tout reste à faire. En parallèle, la cause environnementale, est bien souvent portée par des femmes (Greta Thunberg, Vandana Shiva etc.). Le 8 mars 2019, pour la journée des droits des femmes, la jeune suédoise tweetait :

Plus je lis sur la crise du climat, plus je réalise à quel point le féminisme est crucial. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde durable sans égalité entre les genres et les personnes.

Si le cri de l’environnement semble entendu, celui des femmes espère bien se faire entendre aussi. Alors nos françaises écologistes porteront-elles la voix ?

Après une licence de Lettres Modernes, je suis partie un an au Vietnam en Service Civique, je bossais pour une asso humanitaire d’insertion féminine et ai fait un road-trip en moto d’un mois jusqu’au Cambodge. En rentrant j’ai créé mon média avec deux amis puis j’ai embarqué dans l’aventure Meufer. Le journalisme est ma passion depuis toute petite ; j’aime les cactus, "Holding out for a hero" de Bonnie Tyler et la couleur verte.