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Témoignage collé par le collectif Collages Féminicides Corse

Mouvement Collages Féminicides Corse : « Nous sommes la voix de celles qui n’en ont plus »

Tout est parti d’un hashtag lancé en juin 2020 sur Twitter : #Iwas… Depuis, la Corse est secouée par un tremblement de terre féministe. Maintenant que les voix s’élèvent en nombre contre la violence faites aux femmes, l’île de beauté serait-elle en train de changer ? Triss, qui fait partie du mouvement « Collages Féminicides Corse » nous parle de l’avancée de la lutte.

Il y a un mois s’organisait à Bastia une première manifestation et depuis, les actions s’enchaînent sur l’île. Le but ? Ne laisser aucune chance à la loi du silence de regagner du terrain. Ces actions, on les doit notamment aux « colleuses ». 

Le mouvement « Collages Féminicides », créé initialement à Paris en 2019, s’est rapidement exporté à travers l’Hexagone et jusqu’en Corse dès septembre. Nous avons rencontré Triss, derrière le compte Instagram Collages Féminicides Corse qui nous parle  (au nom des colleuses) de ce que la Corse est en train de vivre : une grande, violente et nécessaire prise de conscience.

Bonjour Triss, les colleuses corses ont décidé de soutenir le mouvement #Iwas, où en sont vos actions ? 

Triss : Nous continuons de recevoir énormément de témoignages que nous collons ensuite sur l’île. Nous sommes la voix de celles qui n’en ont plus, nous sommes le soutien, la force, la combativité…

Il y a eu plusieurs manifestations organisées dans toute l’île, y a-t-il eu déjà, des retombées positives ? 

Triss : Oui ! Une délégation a eu lieu avec le préfet le jour de la manifestation à Ajaccio et nous espérons qu’elle porte ses fruits. Et puis, la population se réveille, ouvre les yeux. La honte est littéralement en train de changer de camps. Et que les victimes parlent, que les paroles se libèrent, c’est ça au fond la plus forte des retombées. 

Tu peux nous en dire plus sur cette délégation ?

Triss : Il y avait une représentante du collectif #Iwascorsica, une élue à la mairie pour l’égalité femme/homme, une représentante de l’association « Donne e Surelle » et moi, représentante des colleuses. Ensemble, nous travaillons pour prendre en charge les victimes dans les meilleures conditions. Lors de cette rencontre avec le préfet, nous avons beaucoup échangé et cherché des solutions. Des actions devraient être mises en place rapidement.

Quand on connaît l’omerta qui existe sur l’île, on peut se demander : vous pensez vraiment que les choses vont changer ?

Triss : On pense sincèrement que ça va changer ! Jamais encore il ne s’était passé ça sur notre île. Des actions concrètes vont être menées et nous ne lâcherons rien pour y parvenir.

Un petit mot à toutes les corses qui voudraient rejoindre le mouvement mais qui n’osent pas ?

Triss : Tout le monde est légitime à prendre son pinceau, faire ses collages et aller les coller ! Reprenons l’espace public qu’on nous a si longtemps empêché d’occuper ouvertement. Ne laissons pas la peur nous consumer ! Celleux qui souhaitent rejoindre le mouvement et continuer la lutte avec nous, qu’ils n’hésitent pas à nous envoyer un message sur les réseaux. Ensemble nous sommes puissant.e.s ! Vous n’êtes pas seul.e.s ! 

Une deuxième rencontre avec les acteurs principaux de cette lutte aura lieu en septembre, pour que le changement soit officialisé et permanent. En attendant, à vos pinceaux, courage et bravo…

Tu vois la meuf qui parle de cul hyper fort en terrasse en mettant parfois ses voisins méga mal à l'aise ? C'est moi. Je m'appelle Clotilde, j'ai 27 ans, je suis parisienne et journaliste spécialisée dans le lifestyle (le style de la life quoi). A 17 ans je pensais être une rebelle et finalement, je suis devenue un vrai cliché : j'aime plus Paris, je jardine, cuisine, médite, voyage. J'aime mon chat (sauf à 5h du mat, les proprio de félins savent...). Mais SURTOUT, j'aime écrire et débattre et croire qu'avec pas grand chose, chacun à son échelle, on peut changer le monde.