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Affiche Existransinter 2020

Distanciation sociale oblige : l’ExisTransInter aura lieu en ligne

La marche pour les personnes transgenres, intersexes et celles qui les soutiennent, connue sous le nom d’ExisTransInter depuis 2019 (anciennement ExisTrans), se transforme cette année en manifestation à distance, le weekend du 17 et 18 octobre.

Affiche Existransinter 2020
Image : Twitter @Existransinter

« On va avoir une série d’évènements en ligne », annonce Jeanne Repiton-Dumollard, attachée de presse du collectif ExistransInter. « Une conférence de presse, des tables rondes, des prises de paroles, des salons en ligne mais il y aura également une partie d’entre nous qui sera à la Marche des sans-papiers donc ce ne sera plus l’ExisTransInter, mais le collectif ExisTransInter en soutien à la Marche des sans-papiers. Pour celles et ceux qui veulent bien prendre le risque de marcher dehors avec la Covid. » précise-t-elle. La manifestation, initialement prévue pour se tenir dans les rues de Paris le 17 octobre, a été annulée et le collectif a partagé cette décision sur les réseaux sociaux le 8 octobre. C’est donc une décision de dernière minute qui implique de lourds changements dans l’organisation, qui a débuté il y a plusieurs mois. Les liens pour accéder aux évènements seront postés en temps et en heure sur les réseaux sociaux du collectif.

24e édition de la manifestation

Depuis 1997, le collectif interassociatif ExisTrans organise la manifestation pour revendiquer les droits des personnes transgenres et intersexes. À l’origine, il rassemble l’association du Syndrome de Benjamin, le groupe Activiste Trans, Act-Up, Sans contrefaçon, Mutatis Mutantis, Trans Act et l’Organisation Internationale des Intersexué-e-s.

En 2019, l’ExisTrans change son nom pour ExisTransInter afin de mettre en lumière les luttes intersexes qui s’inscrivent dans les revendications de la marche depuis ses débuts. 

Pour rappel, le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies définit les personnes intersexes comme nées avec des caractères sexuels qui ne correspondent pas aux définitions binaires des types de corps masculins ou féminins. Ces variations peuvent être visibles ou non, être présentes à la naissance ou se développer à la puberté. Le spectre de ces variations est large, il concerne les caractères sexuels génitaux, gonadiques ou chromosomiques. D’après les spécialistes, entre 0,05% et 1,7% de la population mondiale serait concernée, soit à peu près autant que la proportion de personnes rousses sur la planète !

Une marche très politisée

« handis, inter, putes, racisé·es, trans, LA RÉPUBLIQUE NOUS PRÉFÈRE MORT·ES ! » c’est le slogan qui tient lieu de titre dans le communiqué de presse de cette édition 2020. « En mémoire de Doona, tuée par la violence administrative du CROUS de Montpellier, de Laura, de Mathilde, et des dizaines de personnes trans et intersexes qui sont mortes en 2020, nous appelons à une manifestation en ligne » est-il écrit.

L’ExisTransInter diffère bel et bien d’une marche des fiertés classique. « C’est une manifestation, c’est important de le rappeler. On n’est pas juste là pour faire la fête. C’est une manifestation pour faire valoir les droits des personnes trans et intersexes », partage Elio, jeune homme transgenre qui a marché lors des éditions 2018 et 2019.

Souvent c’est assez secondaire, je pense. Si je me mets à la place d’une personne qui voit passer une Pride, cette personne va juste penser aux personnes homosexuelles. C’est pour moi le premier aspect que l’on voit. Il y a vraiment une invisibilisation des personnes transgenres et intersexes, même dans les Prides.

Pour Jeanne Repiton-Dumollard, attachée de presse, « C’est un focus sur les personnes trans et intersexes et c’est pas tout l’Arc-en-ciel. […] C’est important parce qu’on ne peut pas, à la Pride, mettre en avant les droits de tout le monde et, souvent, c’est les sexualités qui passent devant alors que c’est nous [les personnes transgenres] qui avons généré le mouvement de la Pride en premier, on a besoin d’avoir ce moment à nous et juste à nous. ».

Un combat pour davantage d’humanité

« On demande l’obtention des droits les plus basiques », continue l’attachée de presse du collectif . Parmi ces revendications, on peut citer l’accès à la PMA, la facilitation du changement de sexe à l’état civil (voire son effacement), l’arrêt des mutilations des personnes intersexes à la naissance pour forcer la conformation à la binarité des genres, ou encore la démédicalisation du parcours trans. « C’est encore nécessaire de passer par des psychiatres pour qu’ils puissent dire si une personne est trans. Il faut se faire approuver de partout. » s’indigne Jeanne. Pour Elio, le message véhiculé est essentiel, « On a besoin d’être entendus et d’être compris aussi » partage-t-il.

Moi c'est Marius, journaliste en herbe qui étudie le métier à l'Université du Québec à Montréal. Originaire de Touraine, j'ai aujourd'hui la chance d'étudier à l'étranger et de manger des poutines. J'suis ton pote qui graille le dernier gâteaux apéro sans scrupule, qui fait DJ en soirée et qui reproduit des TikToks un peu cringe. J'écoute jamais de podcasts mais j'aimerais vraiment en tenir un. Pro-black, pro-queer, pro-hoe, procrastinateur et tous les autres.