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Nettoyage, image Unsplash

Charge mentale : le confinement n’en finit pas de mettre le doigt sur les inégalités

Travail, tâches ménagères, charge mentale, éducation des enfants, charge émotionnelle… Le confinement pointe du doigt les inégalités dont les femmes sont victimes.

Travail domestique et charge parentale : des inégalités bien ancrées

Aujourd’hui encore, 73% des françaises estiment en faire plus que leur conjoint quand il s’agit des tâches ménagères.

Une impression justifiée puisque, depuis 2003, les femmes sont toujours 80% à consacrer au moins une heure quotidienne aux tâches domestiques et à la cuisine, contre 35% des hommes. En 17 ans, la situation n’a pas évolué.

Pour les activités parentales : même topo. Le temps consacré quotidiennement est toujours assumé à 71% par les femmes.

Pourtant, depuis les années 70, le modèle de “la femme au foyer” a bel et bien été renversé : entre 1975 et 2005, le nombre de femmes ayant une activité professionnelle bondit de 59% à 83%. Un taux en constante augmentation, aujourd’hui quasi égal à celui des hommes..

Pendant le confinement, les familles ont dû se réorganiser. Sans grande surprise : ce sont les femmes qui ont assumé le quotidien des opérations à bout de bras, parfois jusqu’à l’épuisement.

Charge mentale, charge émotionnelle : le travail invisible des femmes

Témoignage sur la charge mentale pendant le confinement
Témoignage publié sur le compte @taspensea

Loin d’aider, le confinement ne fait qu’accentuer les inégalités présentes dans les foyers. Pour preuve les nombreux témoignages publiés sur le compte Instagram @taspensea, un compte dédié à la charge mentale.

Cette charge mentale, c’est le temps de cerveau qu’on consacre à penser, prévoir et organiser le quotidien de tout le monde dans son foyer.

Dans une étude Ifop consacrée à l’inégale répartitions des tâches ménagères, François Kraus précise et définit que les indicateurs données ne tiennent pas compte du « poids de la fameuse « charge mentale », c’est-à-dire du temps consacré à organiser tout ce qui se situe dans la sphère domestique et qui est, par nature, très difficilement quantifiable. ».

En plus de la charge mentale, le confinement a mis le doigt sur une autre inégalité : la charge émotionnelle ou le fait de s’assurer du bien-être de ses proches. Une charge, une fois de plus, assumée par les femmes. En effet, les femmes représentent la majeure partie des aidantes familiales en prenant soin des personnes malades, âgées ou handicapées.

On imagine bien qu’en période de pandémie, la charge émotionnelle est décuplée avec la peur qu’un proche fragile tombe malade.

Le travail des femmes : essentiel mais pas reconnu

Le 13 mai, Brigitte Grésy, présidente du Haut Conseil à l’Egalité, déplore « Comme le travail de soin aux enfants et à la famille, d’ordinaire invisible, est devenu très visible, nous espérions que les hommes allaient accepter d’y participer, que le confinement serait un laboratoire in vivo des transformations des rôles au sein des couples. Il semble bien que cette transformation n’ait pas eu lieu et la charge mentale qui pèse sur les femmes a même, le plus souvent, beaucoup augmenté. Elles ont travaillé, éduqué les enfants, assuré leur scolarité et redoublé de travail domestique, entre les repas et les courses. ».

A la maison comme en dehors, les femmes ont pourtant joué un rôle essentiel face à la pandémie : rappelons que dans la santé, l’éducation, la grande distribution et l’entretien, la majorité des employées sont des femmes. Pourtant, les femmes continuent d’être surchargées, victimes de violences, sous-payées et peu reconnues.

Face à cette période épuisante, parfois traumatique pour de nombreuses femmes : il est urgent de faire évoluer les mentalités; il est primordial de revaloriser les métiers essentiels à la société ; et il est nécessaire d’écouter, protéger et décharger les femmes.

Féministe depuis toujours je m'engage depuis plusieurs années dans des associations comme Meufs, Meufs, Meufs ou le Planning Familial. Quand je ne milite pas, j'aime boire des bières en terrasse, lire et rire très fort à mes propres blagues.